Bijoux orientaux : or ou argent ?

Cet été j’ai voyagé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et, passionné de bijoux que je suis, j’ai pu en découvrir davantage sur l’artisanat de ces pays, ses techniques et les matériaux utilisés pour la fabrication des parures traditionnelles.

Il se trouve que j’ignorais ce détail, mais l’or est proscrit par l’Islam pour les hommes : les orfèvres des régions musulmanes ont ainsi développé le travail de l’argent sous ses formes les plus fines. Que du bonheur pour moi qui en suis un fervent admirateur !

Bijoux orientaux

Le Yémen, royaume de Saba

Les contrées mythiques de l’ancien Royaume de Saba englobent aujourd’hui le territoire du Yémen et une partie de l’Ethiopie. L’artisanat et la culture de ce pays sont donc emprunts d’un raffinement et d’un faste tout particuliers : je n’avais jamais vu de bijoux aussi fantastiques !

Chez les peuples arabes le bijou d’argent était essentiellement un présent de mariage ; offert par le mari, il était témoin de sa richesse et devenait la propriété inaliénable de l’épouse (collier de mariage traditionnel yéménite en argent massif, appelé "kirdan").

Les bijoux yéménites rappellent par leur forme ceux des empires anciens : Egypte, Rome, Turquie... Si l’ornement corporel masculin se limitait à une bague, bracelet ou quelque amulette, celui des femmes en revanche couvrait le corps de la tête aux pieds – ou, plus concrètement, de la chevelure aux chevilles !

Les autres parures orientales

Dans la culture des autres pays du monde arabe, notamment le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) la bijouterie en or est présente dans les parures des femmes : la parure de la mariée est d’ailleurs en or traditionnellement, ou doit en avoir l’air si la famille n’est pas assez riche.

Au Maroc, les 7 bracelets d’or de la dot (semainier) ou bien le Makyess algérien (gros bracelet orné de louis d’or) en sont des exemples. Chez les peuples berbères, les bijoux quant à eux sont souvent faits à base d’argent ; selon les régions, il est orné avec de la turquoise, de l’ambre gris, du corail ou encore de l’émail. Au nord du Maroc, des bijoux féminins mêlant or et argent portent le nom de « Lune et Soleil ». Le vermeil, c’est-à-dire de l’argent recouvert d’or est plus rarement utilisé. Enfin, la Turquie affiche une nette préférence pour l’argent : je songe à y retourner faire les boutiques...

La main de Fatma, ses origines

Symbole omniprésent de la religion musulmane, la main de Fatma aussi nommée Khamsa en arabe est une référence à Fatma (ou Fatima), fille du prophète. Mais la croyance en cette amulette censée protéger du mauvais œil est bien antérieure à la fondation de l’Islam : d’origine berbère, elle fut adoptée par les conquérants arabes puis par les pieds-noirs venus s’installer au Maghreb.

Les juifs l’appellent main de Myriam, allusion à la sœur de Moïse et d’Aaron dans l’Ancien Testament. Traditionnellement en émail bleu (couleur porte bonheur) elle se décline dans tous les métaux et constitue davantage un talisman ancestral qu’un signe distinctif religieux. J’ai d’ailleurs ramené de mon voyage un exemplaire en argent incrusté de corail : je n’ai pas pu résister, tant pis, je trouverai une bague lors d’un prochain périple !

Écrit par Rémi le dans En vrac

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